Bamako, juin 2025 – À l’occasion de la 34e Journée de l’Enfant Africain, le Mali a marqué un temps fort en lançant les États Généraux de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, une initiative d’envergure visant à dresser un diagnostic lucide et sans complaisance de la situation des enfants maliens. Ces assises, organisées sous l’égide du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, se veulent à la fois un moment de bilan, de remobilisation collective et de projection stratégique.
📌 Des thèmes qui interrogent les consciences et orientent l’action
Deux axes thématiques ont structuré cette édition : le thème continental, « Planification et budgétisation des droits de l’enfant : progrès depuis 2010 », et le thème national, centré sur les valeurs culturelles comme rempart protecteur de l’enfance. Ces deux fils conducteurs s’inscrivent dans une logique complémentaire : renforcer l’architecture institutionnelle en faveur des enfants tout en réactivant les ressorts moraux et culturels de la société malienne.
« La solidarité, le respect, le vivre-ensemble, ce sont des piliers éducatifs que nous devons réintégrer dans nos pratiques, formelles comme informelles », a rappelé avec force la présidente du Parlement national des enfants, appelant à un sursaut national pour garantir une enfance digne et protégée.
🕊️ Une journée de mémoire, un appel à la responsabilité
Le 16 juin reste à jamais associé à la révolte sanglante des élèves de Soweto en 1976, brutalement réprimée par l’apartheid. C’est en hommage à ces martyrs que cette journée fut instaurée en 1991 par l’OUA, devenue Union africaine. Pour les autorités maliennes, cette date est l’occasion de réaffirmer les principes de justice, d’équité et de dignité humaine.
La ministre Sanogo a insisté sur le caractère symbolique et stratégique de cette double commémoration : « C’est un moment de vérité, mais aussi d’engagement profond. Nous ne devons pas seulement célébrer, mais agir. »
📊 Entre progrès tangibles et défis persistants
Depuis 2010, plusieurs avancées majeures ont été enregistrées, notamment :
l’adoption en 2014 d’une Politique nationale de promotion et de protection des droits de l’enfant ;
la mise en place de structures d’accueil pour enfants vulnérables ;
le renforcement constitutionnel des droits des enfants en 2023.
Mais le constat reste alarmant sur certains points. La mortalité infantile, la malnutrition aiguë et l’exploitation des enfants demeurent des fléaux. Chaque année, des milliers d’enfants de moins de cinq ans sont victimes de privations fondamentales, malgré les efforts conjoints de l’État et de ses partenaires.
💬 Une société entière appelée à se mobiliser
Les États Généraux ont permis de réunir décideurs, techniciens, représentants de la société civile, leaders religieux et jeunes autour d’un objectif commun : refonder l’action publique au profit de l’enfance.
Des activités variées ont été lancées dans tout le pays : conférences-débats, campagnes médiatiques, visites dans les centres d’accueil, distributions de dons… Autant de gestes concrets destinés à ancrer les droits de l’enfant dans la conscience collective.
🤝 Un engagement gouvernemental salué par les partenaires
La ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement de transition d’en faire plus, mieux et durablement pour les enfants maliens. Elle a également remercié les partenaires techniques et financiers, qui soutiennent la mise en œuvre des programmes de protection, de santé, d’éducation et d’inclusion.
« L’éducation aux valeurs est une responsabilité dimensionnelle. Elle engage les parents, les enseignants, les institutions, mais aussi chaque citoyen dans sa sphère d’influence », a-t-elle conclu.
✨ Un pacte générationnel à construire
Les États Généraux de la Femme, de l’Enfant et de la Famille s’imposent comme une étape charnière dans la consolidation d’un Mali protecteur, inclusif et résolument tourné vers l’avenir. Car investir dans l’enfant, c’est investir dans la paix, la stabilité et la prospérité.
Aujourd’hui plus que jamais, le pays est invité à bâtir un pacte générationnel, fondé sur la justice sociale, la mémoire historique et la transmission des valeurs, pour que chaque enfant malien puisse grandir en sécurité, dignité et espérance.